Élections des trois conseils centraux à l’Université de Tours

le 17 mars 2016

Analyses, options de ruptures et propositions du collectif

Ensemble à Tours, pour une université pluridisciplinaire et collégiale

Les budgets insuffisants, les gels d’emplois aggravés, l’emprise croissante de décisions technocratiques, voire l’autoritarisme engendrent de l’inquiétude et renforcent le sentiment de dégradation du service public comme de nos conditions individuelles et collectives de travail. La ComUE « Léonard de Vinci », passée en force malgré les avis défavorables des comités techniques, l’échec de l’ISITE1 (dont l’actuelle présidence avait fait l’alpha et l’oméga du développement de notre université) alourdissent encore le climat de cette rentrée. Nombreux sont les collègues élu-e-s ou non dans les conseils mais actif-ve-s dans les filières de formation et les équipes de recherche de l’université de Tours à avoir depuis longtemps alerté, rassemblé et agi pour inverser le cours des événements. C’est pour franchir un seuil dans l’efficacité collective de ces interventions que nous proposons de construire une plateforme solidaire la plus large possible, qui pourra refonder les orientations de notre université :

  • plutôt que la ComUE et sa bureaucratie, une réorientation vers la coopération sous la forme d’une association entre universités s’appuyant sur un réseau non contraignant ;
  • pas d’aventurisme budgétaire, ni en termes de dévolution du patrimoine immobilier,  ni en termes d’emprunt (mais proposition d’un financement pluriannuel),
  • pas de réorganisations hyper-centralisatrices de nombreux services (imprimeries, informatique, antennes financières)… au nom de pseudo-économies d’échelle.

Cette démarche lucide et constructive – y compris sur les enjeux nationaux de l’enseignement supérieur et de la recherche – n’est pas celle du groupe qui dirige actuellement l’université. Celles et ceux qui demeurent silencieux et obtempèrent (dans le Conseil des directeurs de composante et les autres instances de l’université) ne sont pas légitimes pour incarner un changement.

En revanche, les élu-e-s et collègues qui ont collectivement maintenu une exigence libre et critique, en cohérence avec nos traditions universitaires, peuvent proposer une alternative réelle… et pas seulement un changement de président. S’il s’agit simplement de remplacer l’actuel président, qui ne peut se représenter après deux mandats, pour que les mêmes logiques continuent à prévaloir, le scrutin sera sans aucun intérêt.

Pour l’avenir, voici nos premières propositions :

  • favoriser le pluralisme dans les conseils et le rôle réellement délibératif de ceux-ci ;
  • procéder au changement des statuts de l’université, et distinguer entre président de l’université et président du Conseil académique (c’est une possibilité offerte par la loi) ;
  • défendre tous les statuts des personnels, résorber progressivement la précarité, permettre des évolutions de carrière pour les BIATSS par une augmentation des emplois de catégorie B, et pour les enseignant-e-s–chercheur-e-s par des possibilités de transformation en PU de MC HDR qualifié-e-s au moins à deux reprises ;
  • refuser les suppressions d’emplois comme les autres logiques patronales de management ;
  • promouvoir l’égalité femmes-hommes ;
  • réévaluer l’affectation des moyens, en particulier pour la recherche, en termes de crédits récurrents, et sans la subordonner à une course aux projets et à la mise en concurrence des un-e-s et des autres, ni aux multiples évaluations internes sur des critères, indicateurs et tableaux de bord de plus en plus éloignés des réalités ;
  • libérer l’université des réseaux politico-économiques locaux ;
  • faire participer l’université et son équipe dirigeante au monde de la culture ;
  • élaborer et mettre en place de nouvelles maquettes de formation pour le prochain contrat en intégrant les véritables atouts de ressources et d’outils numériques, sans générer d’illusions (pédagogiques et budgétaires) sur leurs effets ;
  • défendre les étudiant-e-s et leurs droits : à la santé, aux transports et à l’hébergement à faible coût, au respect dans les modalités diverses d’insertion professionnelle que sont les stages et l’apprentissage.

Les élections en mars prochain se tiendront huit ans après la mise en place de la loi LRU, sept ans après la dévolution des Responsabilités et Compétences Élargies, et trois ans après la loi « Fioraso ». La logique concurrentielle a fragilisé le service public, notre université, les étudiants, les personnels en paient le prix fort. La loi de 2013 (Fioraso) implique une logique territoriale qui se traduit à Tours par la ComUE, son périmètre, ses statuts très contraints en matière de « gouvernance forte », et par la mutualisation ou la localisation de formations (contrat quinquennal). Mais – même dans ce cadre législatif et budgétaire insatisfaisant qu’il faut changer – il est possible de promouvoir une autre vision, un autre fonctionnement de notre université.

Point important : Il faut insister sur les effets du nouveau mode électoral en 2016, par rapport à 2012 : la loi a modifié la composition, les fonctions et le mode de calcul des sièges, au Conseil d’administration comme au Conseil académique : pour le CA, il y a désormais 8 sièges A (Professeurs et assimilés) et 8 sièges B (autres enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs). Ces sièges sont répartis selon une nouvelle règle : prime de 2 sièges à la liste arrivée en tête, les 6 autres étant répartis selon une proportionnalité à la plus forte moyenne.

Nos listes pour les conseils centraux de l’université vont se constituer publiquement dans les prochaines semaines, en rassemblant des collègues déjà investi-e-s dans l’établissement et de nouvelles/nouveaux collègues qui ont rejoint ou souhaitent rejoindre notre collectif. Elles se présenteront avec une équipe prête à exercer toutes les responsabilités.

Nous pouvons infléchir le quotidien et le devenir de notre université : c’est ce choix que nous voulons construire avec vous !

La démarche ouverte Ensemble à Tours pour une université pluridisciplinaire et collégiale bénéficie déjà du soutien des syndicats, FSU (SNESUP, SNEP, SNCS) et UNSA (Sup’Recherche), et de l’engagement concret de très nombreux-ses collègues non syndiqué‑e‑s.